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Des pistes pour une nouvelle stratégie ? 4/5 Résilience, mutualisation et coopération

Résilience. Le mot est sur toutes les bouches actuellement. Évoqué, répété… Instrumentalisé ? Rappelons sa
définition : en psychologie, elle consiste en la capacité de maintenir un fonctionnement stable face à un événement pertubateur. Appliqué à l’écologie, elle évoque la capacité qu’a un écosystème à retrouver son état après une pertubation.
Dans son ouvrage “Une autre fin du monde est possible”, le chercheur et collapsologue Pablo Servigne évoque une étude mené en 2010 par le professeur Georges Bonnano. Celle-ci met en avant des paramètres qui influent sur la résilience des personnes :
– la proximité avec la catastrophe : plus on est proche, moins on est résilient
– les ressources financières : plus on est pauvre et plus cela est difficile. A contrario, d’autres études auraient montré que plus on vit dans un environnement sécurisé, moins on se montre résilient
– la préparation : si on a déjà subi cette catastrophe, si on y est préparé, moins cela est difficile
– la personnalité
– l’accès à des informations positives…Plus loin, il rappelle que :

“ce qui prédit le mieux la résilience des populations n’est donc pas l’intensité des dommages, la densité de la population ou le capital économique, mais le capital social. A un petit détail près, il faut distinguer le soutien reçu du soutien perçu. Étonnamment, ce dernier est mieux corrélé à une rémission que le premier, c’est même l’un des facteurs les plus clairs de résilience post catastrophe.”

Une préparation à des événements catastrophiques nécessite donc entraide et autogestion. C’est d’ailleurs le sens de cet article publié par l’ICOM qui rappelle combien il est important de rester à l’écoute de ses personnels, ses partenaires, sa communauté, de rester en relation avec eux.  C’est sans doute l’un des rôles les plus fort de l’art et de la culture : accompagner les changements sociétaux, questionner nos modèles de vie et aussi créer du lien dans l’espace public, dans les domaines politiques ou économiques. On citera en exemple le projet de la Directrice générale et conservatrice en chef du Musée des Beaux-Arts de Montréal (Canada) qui a permis aux médecins de prescrire des visites au musée !

On assiste aussi actuellement dans le milieu culturel à de nombreux regroupements, mutualisations ou d’appels à la mutualisation. Mais collaborer n’est pas encore coopérer. Si collaborer, c’est empiler ensemble des compétences ou des moyens, coopérer c’est faire oeuvre commune. C’est “associer et ouvrir plutôt que de concentrer”. Un modèle bien connu des société coopératives (SCOP). Des organisations où les décisions sont collectives, ou les modes de travail sont plus souples, moins horizontaux. Un modèle qui fait sens à l’heure où les rapports spatio-temporels, au travail se sont trouvés bouleversés ? Ou la présence et la posture managériale classique est remise en cause ? Un modèle qui rentre aussi en écho avec la reconversion écologique, essentielle au maintien de la qualité de nos conditions de vie.

L’écologue Jean Marie Pelt, dans “L’homme renaturé”, rappelle combien il est important de passer de la compétition à la coopération. Dans ses écrits, il n’a cessé de rappeler dans combien la notion d’associativité est à l’oeuvre dans notre biosphère. Le biomimétisme. et la permaéconomie : des sources d’inspiration pour les acteurs culturels ?

A lire aussi : interview – Stéphane Bossuet « Aller dans le sens commun sans pour autant briser la mobilisation des intelligences et des individualités » 

Cyril Leclerc
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Comments (2)

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