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Portrait de communicant : Romain Prévalet (Cultur Moov)

L’Archéologie mène à tout ! Et plus particulièrement à la médiation numérique… Des techniques d’orfèvrerie de l’Antiquité aux nouvelles technologies du XXIe siècle…
Portrait de Romain Prévalet, fondateur de CulturMoov qui propose des solutions de médiation numérique aux lieux touristiques culturels.

communicant.info : Bonjour Romain, pouvez-vous vous présenter et nous raconter votre parcours ?

Bonjour, je m’appelle Romain Prévalet, j’ai 32 ans et je suis le fondateur de CulturMoov, créateur de mini-expositions virtuelles dédiées aux objets du patrimoine des lieux culturels et touristiques.

Je suis un passionné d’histoire et d’art, ce qui m’a conduit dès le plus jeune âge à partir à la découverte des cultures de l’Antiquité. Dans le cadre de ma thèse de doctorat en archéologie, j’ai vécu plusieurs années autour de la Méditerranée, au Proche-Orient et en Grèce. Ces séjours m’ont permis de m’intéresser aux savoir-faire rares et oubliés des métiers d’art. Je me suis notamment spécialisé sur les innovations techniques et artistiques des bijoux anciens, un sujet passionnant qui offre un angle très original pour aborder l’histoire de l’art. Après mon doctorat que j’ai soutenu en 2013 à l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, je suis devenu guide-conférencier national puis expert agrée à la Chambre Européenne des Experts Conseil en Œuvres d’Art.

Tout en étant chercheur invité à la Bibliothèque nationale de France et chercheur associé au CNRS, j’ai créé une petite agence en communication historique. Elle proposait des prestations de storytelling et de conseils aux entreprises et maisons de luxe pour développer une stratégie marketing de contenus basée sur leur histoire et la valorisation de leur patrimoine. Ce sont des services que l’on propose toujours au sein de CulturMoov qui a été fondé en octobre 2016.

C.I : Comment passe-t-on de la recherche à la création d’une Start’up ?

Mes travaux de recherche m’ont permis d’aborder des questions centrales comme l’apprentissage, les transferts technologiques et la transmission des savoirs. Après mon doctorat, j’ai souhaité exploiter au maximum les connaissances acquises et surtout les compétences que j’ai pu développer tout au long de mes études. Ce diplôme en sciences humaines et sociales est très peu valorisé en France et les profils de docteurs sont mal connus par les entreprises. Pourtant, on sait faire énormément : gestion de projet, création de contenus, stratégies de marketing, etc. Surtout, nous avons un esprit d’analyse et des méthodes de réflexion qui sont très utiles aux entreprises, notamment dans l’innovation.

L’idée était d’en finir avec l’image hyper spécialisée du chercheur qui ne partage pas son travail avec une communauté plus large, non scientifique. J’ai alors décidé de suivre des cours du soir au CNAM pour apprendre à mieux communiquer sur la culture scientifique et technique.

En parallèle, j’organisais des visites guidées et des ateliers de médiation culturelle dans les écoles, les musées ou les entreprises. Et finalement, je me suis aperçu que c’était souvent les mêmes types de publics que l’on croisait, au musée notamment. Des personnes qui font la démarche de se renseigner ou de se déplacer. Je me suis dit que ce serait sans doute utile de s’adresser à tous les autres en allant les interpeler dans leur quotidien. Comme d’autres, c’est avec la conviction que l’accès à la culture est une clé fondamentale pour répondre aux enjeux socio-éducatifs de notre société que je me suis lancé dans l’aventure start’up avec CulturMoov.

CulturMoov

C.I : Pouvez-vous nous présenter CulturMoov ? Comment et pourquoi vous est venue cette idée ?

CulturMoov propose des solutions numériques de médiation culturelle aux lieux culturels et touristiques. Elle conçoit des expériences de visite courtes, interactives et ludiques d’objets du patrimoine rares, invisibles et inconnus des publics. Ces objets sont mis en scène dans des mini-expositions virtuelles qui leur redonnent vie et racontent une histoire anecdotiques ou amusantes. Ces expériences permettent à tous les publics d’interagir avec une œuvre par l’utilisation des sens, le jeu, l’émotionnel et l’appropriation.

CulturMoov souhaite réinventer la visite culturelle et contribuer aux enjeux socio-éducatifs de la société. Aujourd’hui, les publics locaux se déplacent peu dans les sites culturels de proximité. Souvent en raison de la qualité de l’expérience et des activités qui y sont proposées ! L’ambiance dans les lieux conventionnels n’est pas toujours très attirante non plus. Pour moi, la matérialité des œuvres et le storytelling sont des outils efficaces pour valoriser les lieux culturels. L’idée est de donner aux publics la possibilité d’éveiller leurs sens en s’appropriant les objets par l’animation ou le jeu par exemple. Le concept de mini-expos en est l’illustration. J’ai voulu aussi que ces expériences de visite soient des moments d’émerveillement et de plaisir en valorisant en priorité des objets invisibles, insolites ou rares. Pour que les mini-expos soient un véritable outil de médiation et de communication pour les lieux culturels et touristiques, on a décidé de les rendre transposables et intégrables sur tous les supports numériques. C’est grâce à ce positionnement que l’on peut enrichir le contenu d’un site web, d’une appli, d’un cartel interactif, d’un blog ou d’une newsletter par exemple et que l’on peut proposer des contenus pour les smart-cities. L’espace public digitalisé nous permet clairement de sortir la culture de ses lieux conventionnels et d’interpeller les publics dans leur quotidien. C’est une priorité pour CulturMoov !

C.I : Vous avez commencé à expérimenter votre application ? Quels sont les premiers retours ? Les bonnes surprises ? Les difficultés ?

CulturMoov a été lauréat de plusieurs concours dont celui organisé par la Ville de Paris, en partenariat avec JC Decaux et le Welcome City Lab. Il nous a permis de tester notre prototype directement dans la rue auprès de publics variés. Ce prototype est une application qui rassemble 12 œuvres insolites et rarement (voire pas du tout) exposées au public. Elles proviennent de nos premiers musées-partenaires : la Bibliothèque nationale de France, l’Institut du Monde Arabe et le Musée de Minéralogie Mines ParisTech.

Cette application est en déploiement depuis novembre 2016 sur les 100 écrans tactiles des abribus de Paris. Dès le premier mois, nous avons eu plus de 2000 utilisateurs. Afin d’avoir des retours constructifs pour évaluer le concept de mini-expos et améliorer le design et l’expérience utilisateur, nous organisons tous les 15 jours une démo devant un abribus. Nous la faisons aussi tester sur smartphone et tablette dans les écoles, les universités, les associations de jeunes et de séniors et, prochainement, dans une maison de retraite et peut-être une prison. A ce jour, nous n’avons interrogés qu’une centaine de personnes. Les retours des publics sont très positifs et confortent à la fois notre positionnement en tant que créateur de contenus culturels pour l’espace public et l’intérêt du concept de mini-expos totalement adaptés au mode de consommation actuel. L’autre point important est que presque 100 % des publics sont intéressés de découvrir les objets que l’on ne voit pas dans les lieux culturels (les objets de réserve par exemple). Et environ 60 % veulent en savoir plus sur le patrimoine local de leur ville ou de leur territoire. Là encore, c’est une bonne nouvelle puisque nous commençons à mettre en place des partenariats avec les collectivités pour déployer la solution à l’échelle des territoires.

Pour l’instant, la difficulté réside davantage dans la relation avec les institutions qui ont besoin de recul et de temps pour s’engager sur des projets de ce type. Mais leur intérêt pour notre concept commence à se faire sentir et nous travaillons actuellement avec plusieurs musées à la création de cartels interactifs ou d’applications pour animer les visites guidées par exemple. A nous de continuer à les convaincre !
Et enfin les désormais fameuses questions indiscrètes !
– Quel est le réseau social dont vous ne pouvez pas vous passer ?
Linkedin pour la puissance des relations professionnelles et des bonnes opportunités que l’on peut y découvrir.

– Quelle est la discipline artistique ultime pour vous ? (celle qui surpasse les autres ?)
Celle qui fait transparaitre la passion de l’artiste et qui provoque l’émerveillement des publics

– Quelle est votre meilleure expérience culturelle / artistique ?
La découverte des nombreux sites patrimoniaux présents au Proche-Orient que j’ai eu la chance de parcourir quotidiennement pendant presque 5 ans.

– Quels sont vos 5 lieux culturels favoris ?
La galerie des bijoux du Victoria & Albert Museum, le Musée d’Archéologie nationale d’Athènes, Bibracte, l’Institut du Monde Arabe, le Metropolitan Museum of Art de New York

– Qui est votre artiste préféré(e) ?
Difficile à dire ! Mais disons qu’un artiste aussi fascinant que René Lalique ou Alfons Mucha me passionne beaucoup.