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Compte-rendu : Musées in situ et numériques : quelles recettes pour garder le lien avec vos publics ? » 

Musées in situ et numériques : quelles recettes pour garder le lien avec vos publics ?"

Le 4 juin 2020, Artips organisait un webinaire intitulé « Musées in situ et numériques : quelles recettes pour garder le lien avec vos publics ? » Celui-ci s’est intéressé aux pratiques mises en place pendant le confinement. Mais aussi à la manière dont les lieux culturels préparent les retrouvailles avec les publics. 

Elise Maillard de la Philharmonie de Paris, Solene Jaboulet de La Cité du Vin – Fondation pour la culture et les civilisations du vin, Morgane Le Geldron et Célia Fouquay de la Monnaie de Paris ainsi que Florence Raymond du Palais des Beaux-Arts de Lille ont apporté leur témoignages.

Communicant.info était de la partie ! Voici les 5 principaux enseignements que nous tirons de cette rencontre virtuelle : 

1. Le confinement a révélé / a renforcé certaines pratiques déjà amorcées avant

Au Palais des Beaux Arts de Lille, il a été mis en place une charte éditoriale spécifique. Cela leur a permis de réinventer leur stratégie de contenu. Il était notamment important pour le musée d’avoir un ton humoristique, moins formel, de se permettre le décalage ou l’impertinence. Ces pratiques déjà existantes, ont été amplifiées pendant le confinement. Il était important de se positionner en temps que :

« vecteur de bien-être, de légéreté, d’humour … »

A la Monnaie de Paris, la newsletter a changé aussi de ton (instructif et humoristique) et de fréquence (11 newsletters pendant le confinement). De manière générale, les lieux se sont beaucoup interrogés sur l’attention de leurs visiteurs virtuels et ont revu ou accru leurs stratégies de contenus : playlists, quizz, newsletter, podcasts ou vidéo ….

A la Cité du Vin, la continuité culturelle a immédiatement été pensée pour maintenir le lien avec les publics. Des contenus présents sur une médiathèque du vin (interview de vignerons du monde entier / pour faire voyager)  ont notamment été mis en avant pour « nourrir le public ». Les conférences en ligne ont rencontré un succès important (plus de 500 inscrits). Ces opérations ont permis de toucher des publics qui sont, habituellement, éloignés géographiquement de pouvoir assister aux conférences.

2. Le public dans toute sa pluralité ?

A la Philharmonie de Paris, le confinement a aussi été une occasion de proposer / pousser des contenus existants. Cela n’a peut être pas touché un public différent. En revanche, l’équipe de la Philharmonie a constaté plus de circulations, de croisements entre les publics (notamment entre les publics de la salle de concert et ceux du musée). Cela leur a aussi apporté de la notoriété via les retombées dans différents médias qui ont relayés leurs initiatives.

Il est donc utopiste de croire que ces contenus ont touché « tout le monde« . Comme le dit Célia Fouquay :

« Le numérique ne s’adresse pas à tout le monde »

Guest View a lancé une consultation grand public #demainjereviens sur les attentes des visiteurs de lieux culturels après le confinement. il apparaît que 58 % des sondés ont utilisé les ressources numériques quand 42 % n’ont pas eu accès. Les raisons invoquées sont multiples :

Musées in situ et numériques : quelles recettes pour garder le lien avec vos publics ?
Une consultation menée par Guestviews du 22/04 au 4/06/2020

3. Le numérique ne remplace pas l’expérience

Dans cette même consultation, 74 % des personnes ayant utilisé des ressources numériques souhaitent retourner au musée ensuite. Le numérique n’a pas enlevé l’envie de visite. Au contraire, il doit être pensé en complémentarité, dans une optique phygitale (physique + digitale – NDR). A la Philharmonie on souhaite d’ailleurs continuer à travailler « la visite physique et sa prolongation digitale ».

Au Palais des Beaux Arts de Lille, la campagne de communication pour la réouverture reprend le ton décalé qui a été apprécié pendant le confinement. Pour Florence Raymond  :

« Il y a eu une phase « très numérique » mais elle n’occulte pas me plaisir de retrouver le lieu. Visite virtuelle et expérience In situ ce n’est pas la même chose… Il convient de bien mettre cette spécificité en avant. »

4. Comment le musée va permettre de « déconfiner » les
esprits ?

A la Cité du vin, sont proposés un voyage autour du monde pour découvrir les civilisations du vin et un parcours qui sollicite les sens… La communication estivale va mettre l’accent sur cet aspect
Pour le Palais des Beaux Arts de Lille, La stratégie de réouverture est conçu comme un remerciement à tous ceux qui ont participé aux activités sur les réseaux sociaux… Il est aussi question de réactiver l’envie, le plaisir de venir, de donner « une ambiance de retrouvailles »
Nombre des intervenants affirment aussi avoir réfléchi à une offre tarifaire adaptée aux publics qui « auront perdu du pouvoir
d’achat » : entrée gratuite pour les enfants tout l’été, mois de juin gratuit, politique du « Pay as you wish » (payez ce que vous voulez – NDR).

5. La régulation des flux : une opportunité nouvelle en terme de confort de visite ?

Au Palais des Beaux Arts de Lille, les conditions de visite – règles sanitaires obligent – vont être différentes sur un certain nombre d’espaces au sein de la visite. Le musée souhaite transformer cette contrainte en opportunité. Avec notamment des « petits formats » qui vont permettre aux visiteurs d’accéder à des espaces plus restreints plus secrets, ou à des nocturnes… Même idée du côté de la Cité du vin qui souhaite communiquer sur la réduction de la  jauge comme « la possibilité de vivre une visite privilège ».

 

Cyril Leclerc
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